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Commentaire/notes sur les peintures de Péris Ieremiadis- Ilias Papayannopoulos, 2006.

Notice rédigée par Ilias Papayannopoulos, Professeur de Philosophie (et parrain de l'association) à Athènes, et publiée à l'occasion des expositions :

- du 29 Mars au 17 avril 2006, Galerie Astra, à Athènes (Exposition dédiée à Sophia Skoura)
- du 5 au 20 août 2006

Il est d’usage de dire que la préoccupation première de la peinture contemporaine est une préoccupation musicale et que l’émotion qu’elle suscite est avant tout une émotion musicale. Le transfert musical nous permet de distinguer d’emblée le personnage caractéristique de la série des Saint-Georges de Péris Iérémiadis : si l’hagiographie tisse une liturgie au personnage honoré, cette dernière lui tisse un chant propre. D’autre part, le moment musical est aussi, ici, celui qui démontre la préoccupation spirituelle que représente généralement cette œuvre. C’est le moment où nous écoutons un musicien inspirer l’air (le monde, la vie) et l’instant d’après l’expirer dans son instrument à vent transformant l’air (le monde, la vie) en dialogue et beauté : recevoir et, suite à une potentielle affirmation spontanée achever la cérémonie en tant que création. Une présence qui inspire le destin et expire le beau : cette dualité fondamentale de la respiration humaine, tisse ensemble les fils de l’œuvre. Peut-être que de cette manière, Iérémiadis retrouvera, en empruntant le sentier d’une vie moderne, une vérité oubliée, qui provient du fin fond des arts figuratifs (εικαστικών τεχνών). Le verbe ‘Είκω’, que nous avons traduit ici par le terme « figurer », si l’on s’en réfère au grec ancien, signifie ressembler, imiter, mais aussi recevoir, concéder. Les choses, dans ces tableaux, existent exactement de cette manière : non pas par elles-mêmes, mais témoignant de ce qui les effleure. Les limites qui les révèlent ne marquent aucune séparation, mais la rencontre avec ce qui se trouve bien au-delà. C’est pourquoi ses couleurs sont souvent la terre, c'est-à-dire les qualités et non les particularités des corps : parce qu’il ne cherche pas à représenter des entités décrites, mais à mettre en avant picturalement l’évènement même d’une ouverture qui permet à la chose d’exister, d’être. Non pas ce que sont les choses, mais que les choses sont, voilà la source fondamentale de l’émotion. Voilà aussi pourquoi nous n’avons pas affaire à des compositions ou à des abstractions, qui reproduisent ou proposent des variations d’un monde établi, qui réduit à néant l’existence des choses, mais avec leur modelage, comme une reddition dans leur insaisissable vérité. "Donner la définition d’une chose", écrivait Braque, "cela veut dire remplacer la chose par sa traduction". Au lieu d’enfermer les choses dans une composition parfaite, en les définissant, ce qui les tuerait en son sein et les transposerait en idoles, Iérémiadis les expose à ce qui les brûle et les fait naître. Exposition duelle, réceptive et libératrice du personnage, à la fois fatale et créative, qui célèbre la matérialité des choses tout en donnant l’impression que tout survient au-delà du temps et de l’espace - il s’agit du parcours de chaque existence, reçue dans un espace et un temps qui éternellement lui échappent, qui devient « fatalité divine ».

par Ilias Papagiannopoulos, 2006 (traduction de Paraskevi Vicky Haut)

 

 

 

 Revue de presse

 

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